« Le dernier refuge », hommage à la Vallée Vézère
Fiche info
« Le dernier refuge », hommage à la Vallée Vézère
Entrée de la Grotte Les Combarelles - Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil
« Le dernier refuge », hommage à la Vallée Vézère
Grotte Les Combarelles - Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil
« Le dernier refuge », hommage à la Vallée Vézère
Grotte de Font de Gaume - Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil
« Le dernier refuge », hommage à la Vallée Vézère
Grotte de Font de Gaume - Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil
« Le dernier refuge », hommage à la Vallée Vézère
Grotte de Rouffignac -Rouffignac-st-Cernin-de-Reilhac
« Le dernier refuge », hommage à la Vallée Vézère
Grotte de Rouffignac -Rouffignac-st-Cernin-de-Reilhac
« Le dernier refuge », hommage à la Vallée Vézère
La Grotte du Sorcier-Saint Cirq
« Le dernier refuge », hommage à la Vallée Vézère
« Le dernier refuge », hommage à la Vallée Vézère
La Grotte du Sorcier-Saint Cirq
Alain Roussot, préhistorien et poète. « Le dernier refuge » a pour cadre le paysage de la Vallée Vézère.

LE DERNIER REFUGE

Lorsqu’un dernier soleil embrasera le ciel, le verre et le béton, et le fer et l’acier couleront en torrents de laves brûlantes dans les vallées asséchées, tandis que les antiques noyers et les vieux châtaigniers noueux éclateront au feu de ce mortel soleil.

Alors le Périgord, le Vert et le Blanc, le Noir se fondront dans le gris de la cendre implacable, uniforme linceul des beautés innombrables que le génie de l’homme avait su préserver jusqu’alors. Et les mille châteaux et les six cents églises ne seront que poussière sous la poudre de mort.

Mais au plus profond des entrailles du pays, dans les grottes et les cavernes épargnées par le souffle brûlant, des bisons, des chevaux, des cerfs et des taureaux, insoucieux de l’ultime folie humaine, poursuivront leur longue marche inscrite sur la pierre depuis des millénaires.

Éternellement les chevaux de Lascaux caracoleront sur les parois cristallines, tandis que les pesantes hardes de mammouths s’affronteront dans les profonds arcanes de Rouffignac. A Font de Gaume comme aux Combarelles les longues théories de bêtes quaternaires piétineront l’obscurité définitive de leur antre, en rêvant des Steppes et des prairies, des combes et des vallées, des rivières et des gués, lorsque les hommes n’étaient pas encore les maîtres et les bourreaux du monde.

A Gabillou comme à Saint Cirq danseront les étranges « sorciers ». Sans cesse ils danseront cette mystérieuse danse sacrée, parce que le feu et la mort ne peuvent rompre la magie de l’art qui les fit naître dans ces premiers refuges chtoniens, à l’ère où les hommes ne se prenaient pas pour des dieux, mais savaient au contraire les révérer et les craindre.

Je me promène en Périgord comme sur mes terres, comme si le Périgord était mon bien. Mais n’est-ce pas un peu vrai ? Un pays appartient à qui l’aime.
Frédéric le Roux